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Présentation

Professeur d'histoire-géographie depuis la rentrée 2004, j'enseigne depuis 2008 dans un collège du Pas-de-Calais.

Titulaire d'un master recherche en histoire politique contemporaine sur l'antifascisme dans le bassin minier du Pas-de-Calais, je prépare actuellement un doctorat en histoire politique contemporaine sur le Parti communiste et la CGTU dans le Pas-de-Calais durant l'entre-deux-guerres. 

Je suis membre du bureau de la régionale Nord-Pas-de-Calais de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie.

Je suis également membre du Bureau de la CGT Educ'action du Pas-de-Calais, du Bureau Académique de la CGT Educ'action Nord-Pas-de-Calais ainsi que du Conseil Scientifique de l'Institut Régional d'Histoire Sociale de la CGT Nord-Pas-de-Calais.

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Publié par David NOËL

Amiral-Canaris-portrait-Bundesarchiv.jpgEn mars dernier, j'avais rédigé une note de lecture du livre d'Eric Kerjean consacré à l'amiral Canaris. Après la biographie de Goering par François Kersaudy, cette plongée dans les incarnes du renseignement allemand pendant la Seconde Guerre mondiale m'avait beaucoup intéressé. L'historien y expliquait dans une biographie novatrice que le chef de l'Abwehr, traditionnellement présenté comme un nationaliste opposé à Hitler, aurait en réalité été un nazi convaincu qui aurait été amené à infiltrer les cercles résistants conservateurs pour mieux les contrôler tout en intoxiquant les Alliés.

Sur le site A-Lire.Info, un autre historien s'inscrit en faux contre cette thèse. Pour Pierre Jardin, agrégé d'histoire, docteur d'Etat en sciences humaines et sociales et ancien professeur à l'Institut français de Bonn et à l'Inalco, le travail d'Eric Kerjean manquerait de rigueur.

Pierre Jardin démonte une à une les preuves de la participation de Canaris à l'assassinat des chefs spartakistes et s'inscrit en faux contre la thèse avancée par Eric Kerjean d'une participation de l'Abwehr à la Solution finale. Pour Pierre Jardin, le rapport sur lequel s'appuie Eric Kerjean ne dit pas ce que dit Eric Kerjean.

Pierre Jardin est très critique envers l'ouvrage d'Eric Kerjean, c'est un euphémisme. Pour lui, "l’auteur multiplie les erreurs et se contente le plus souvent de présenter, à l’appui de ses thèses, des affirmations que rien ne vient étayer." Il trouve que "la bibliographie présente de sérieuses lacunes. [...] Eric Kerjean est trop enclin à faire confiance à des sources douteuses. [...] A ce type d’erreurs dues à des sources contestables, s’ajoutent des erreurs dues à une connaissance incertaine de la langue allemande et une connaissance approximative des titres et fonctions civiles et militaires." Sur la répression de l'insurrection spartakiste et le rôle joué par l'unité de Canaris, Pierre Jardin parle de "méconnaissance des événements." Pour Pierre Jardin, "L’épisode est typique de la méthode de l’auteur : accumulant les erreurs et les approximations il écrit le scénario d’une pièce étrange dans laquelle il prête trop souvent à Canaris un rôle qu’il n’a pas pu jouer."

L'historien conclut sa critique féroce de la biographie de Canaris par Eric Kerjean en expliquant qu'il est préférable de s'en tenir à l'idée que Canaris a été un nationaliste opposant à Hitler : "Comme bon nombre de ses pairs de l’armée, comme beaucoup de civils issus des cadres politiques de Weimar, Canaris a espéré éviter à l’Allemagne la catastrophe annoncée par l’ubris hitlérienne. Sauf à espérer d’improbables révélations nouvelles, il faut s’en tenir là." écrit-il.

Le débat n'est visiblement pas clos.

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