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Présentation

Professeur d'histoire-géographie depuis la rentrée 2004, j'enseigne depuis 2008 dans un collège du Pas-de-Calais.

Titulaire d'un master recherche en histoire politique contemporaine sur l'antifascisme dans le bassin minier du Pas-de-Calais, je prépare actuellement un doctorat en histoire politique contemporaine sur le Parti communiste et la CGTU dans le Pas-de-Calais durant l'entre-deux-guerres. 

Je suis membre du bureau de la régionale Nord-Pas-de-Calais de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie.

Je suis également membre du Bureau de la CGT Educ'action du Pas-de-Calais, du Bureau Académique de la CGT Educ'action Nord-Pas-de-Calais ainsi que du Conseil Scientifique de l'Institut Régional d'Histoire Sociale de la CGT Nord-Pas-de-Calais.

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Publié par David NOËL

Fusille-guerre-1914-1918.jpgDes associations d'anciens combattants la jugent impossible. Des historiens proposent de « réintégrer » ces soldats dans la mémoire nationale.

À bout de forces, certains avaient refusé d'aller au combat, d'autres s'étaient mutinés et tous avaient été passés par les armes. À l'occasion des célébrations du centenaire de la Première Guerre mondiale, le cas de centaines de soldats français fusillés pour l'exemple est à nouveau abordé. Un rapport a été remis mardi au ministre des Anciens Combattants, Kader Arif, pour savoir s'il faut ou non leur accorder une place dans la mémoire nationale. Le 29 octobre, les pistes suggérées par ce groupe d'historiens animé par le président du conseil scientifique de la Mission du centenaire, Antoine Prost, seront évaluées lors d'une commission interministérielle qui soumettra ses propositions au chef de l'État, seul à trancher.

Ce travail rappelle que, en quatre ans, de 600 à 650 combattants ont désobéi, par abandon de poste. Des hommes qui n'avaient plus supporté l'horreur de la guerre et qui avaient déserté les tranchées. Et c'est de ceux-là que veut se préoccuper aujourd'hui l'État. «Des soldats comme des milliers d'autres, qui se sont battus comme eux et ont eu un jour un moment de faiblesse ou de “ras-le-bol”», indique le rapport, qui précise que le nombre est porté à 740 si l'on englobe les fusillés pour crime de droit commun et espionnage.

L'atrocité de cette guerre aujourd'hui mise en avant a permis de reconsidérer ce que furent ces soldats. «Un large consensus existe dans notre société pour estimer que la plupart n'étaient pas des lâches…», poursuivent les historiens.

Conseil-de-guerre-1914-1918.jpgArchives militaires incomplètes

Des propos qui font écho à ceux de Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré le 11 novembre 2008 : «Beaucoup furent exécutés alors qu'ils ne s'étaient pas déshonorés (…)» mais «étaient allés jusqu'à l'extrême limite de leurs forces». Dix ans plus tôt, Lionel Jospin avait indiqué que «les fusillés pour l'exemple» devaient «réintégrer notre mémoire collective nationale».

Dans ces conditions, «ne rien faire» pour ces centaines de soldats ne semble plus guère envisageable, comme le laisse entendre le rapport, qui, après avoir interrogé diverses associations, balaie plusieurs pistes.

Parmi elles, une réhabilitation générale de tous les fusillés, même des condamnés de droit commun. «Une solution inenvisageable», estime pour sa part l'UNC (Union nationale des combattants). «Sur les monuments aux morts, les noms de violeurs seraient alors au côté des noms de soldats morts pour la France. C'est impensable», indique son directeur, le général Schmitt, qui soutient une autre piste : la réhabilitation au cas par cas. Mais cette solution se heurte à l'état incomplet des archives militaires.

L'autre possibilité qui semble avoir la préférence du groupe d'historiens serait «une déclaration solennelle éventuellement renforcée d'un projet pédagogique». «Déclarer que ces soldats sont, eux aussi, d'une certaine façon, morts pour la France, constituerait une réhabilitation morale, civique ou citoyenne», est-il écrit. Or pour le Comité national d'entente, qui, fédérant plusieurs associations civiles et militaires, est hostile à toute forme de réhabilitation, ces 600 hommes «ont fléchi». «On peut le comprendre mais ne pas l'admettre. Ceux-là ne sont pas morts pour la France», assure son responsable, le général Delort.

Angélique Négroni


Légende photo 1 : Des soldats français détachent du poteau l'un de leurs camarades. Crédits photo : Rene Dazy/Rue des Archives/©Rene Dazy/Rue des Archives

Légende photo 2 : Des soldats francais discutent devant le bureau de la justice militaire du conseil de guerre de la 9e division, improvise dans des locaux civils suite aux mutineries de 1917. Crédits photo : Rue des Archives/Rue des Archives/Tallandier


Source : Le Figaro
Mardi 1er octobre 2013

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