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Présentation

Professeur d'histoire-géographie depuis la rentrée 2004, j'enseigne depuis 2008 dans un collège du Pas-de-Calais.

Titulaire d'un master recherche en histoire politique contemporaine sur l'antifascisme dans le bassin minier du Pas-de-Calais, je prépare actuellement un doctorat en histoire politique contemporaine sur le Parti communiste et la CGTU dans le Pas-de-Calais durant l'entre-deux-guerres. 

Je suis membre du bureau de la régionale Nord-Pas-de-Calais de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie.

Je suis également membre du Bureau de la CGT Educ'action du Pas-de-Calais, du Bureau Académique de la CGT Educ'action Nord-Pas-de-Calais ainsi que du Conseil Scientifique de l'Institut Régional d'Histoire Sociale de la CGT Nord-Pas-de-Calais.

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Publié par David Noël

Comment annoncer une grève aux élèves ? Vaste question... Annoncer une grève, c'est toujours risqué : la classe lance généralement un grand hurlement de joie, du genre à faire sortir les collègues de leur salle de classe pour se demander ce qui se passe. En même temps, annoncer une grève, c'est l'occasion de faire de l'éducation civique à partir d'un cas concret tout en veillant à ne jamais se départir d'une stricte neutralité.

Annoncer une grève est donc toujours un exercice un peu délicat. Souvent, ce sont les élèves qui demandent, avant même d'entrer en classe :

- Monsieur, vous faîtes grève, jeudi ?

Dans ces cas-là, je leur réponds que je les en informerai officiellement en fin d'heure.

Parce que toute la question est là : quand et comment l'annoncer ? En début d'heure ? En fin d'heure ? Faut-il répondre aux questions des élèves ? Une annonce en début d'heure, c'est prendre le risque d'une explosion de joie et d'un retour au calme difficile ; le mieux c'est donc la fin de l'heure, mais il faut faire attention de ne pas l'oublier, parce qu'avec les devoirs à noter, parfois les observations, c'est le genre de truc qu'on peut facilement zapper.

En règle générale, j'opte donc pour le style officiel, en fin d'heure :

- Sortez vos carnets de correspondance. Vous prenez la page 28, partie correspondance avec la famille et vous écrivez : "En raison d'un mouvement de grève, Monsieur Noël n'assurera pas ses cours le jeudi 20 novembre".

L'explosion de joie arrive à ce moment précis :

- Ouais ! On n'a pas maths, on n'a pas histoire-géo, alors on finit à 10h !

Parfois, un élève un peu plus curieux engage le dialogue :

- C'est pour quoi, la grève ?
- Eh bien, les organisations syndicales appellent à la grève pour protester contre les suppressions de postes et la réforme du lycée.
- Ah, d'accord. Et vous savez si M. Untel va faire grève ?
- Non, je ne sais pas. Je ne suis pas représentant syndical et d'ailleurs si je l'étais, ce ne serait pas à moi de vous prévenir, mais à lui. Non, je ne sais pas si M. Untel va faire grève. Vous savez, la grève, c'est toujours un acte à la fois personnel et collectif. Les organisations syndicales appellent à la grève. Après, chaque professeur se décidera en fonction de ses convictions personnelles. Moi, personnellement, j'ai pour habitude d'écouter les appels de mon organisation syndicale.
- Et vous allez manifester ?
- Bien sûr, la grève, c'est un acte d'engagement fort et c'est l'occasion pour les grévistes de manifester. Si je fais grève, je ne vais certainement pas rester chez moi à regarder la télévision !
- Où est-ce que vous allez manifester ?
- Eh bien, il y a toujours plusieurs défilés. En règle générale, il y a des défilés importants dans les grandes villes. Dans notre région, le défilé le plus important a lieu à Lille, c'est la capitale régionale...

Généralement, la discussion s'arrête là et je ne suis pas mécontent de moi, parce qu'une discussion sur la grève, c'est de l'éducation civique en mouvement. Au-delà des hurlements de joie, c'est remettre au centre du jeu la notion d'engagement, celle de conviction ou encore celle d'organisation ce qui les renvoie à la liberté d'association et aux droits sociaux (au programme en 4ème).

Aujourd'hui, j'ai annoncé à mes deux classes de 5ème et à une classe de 6ème que je faisais grève jeudi. Evidemment, j'ai eu droit aux hurlements de joie, mais j'ai aussi eu un échange intéressant avec les élèves de 6ème (avec deux ou trois d'entre eux, plus curieux que les autres, en fait).

Les réformes de M. Darcos ne sont peut-être pas si mauvaises que ça après tout, elles nous permettent de faire de l'éducation civique en mouvement, que demander de mieux ?
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Aurore 22/11/2008 20:50

Coucou ! merci de m'avoir laisser un petit mot j'espère que mon bulletin sera mieux quand même =D

David Noël 23/11/2008 14:55



lol Ce sera pas difficile ! Moi, j'espère que tu décrocheras au moins une mention au brevet, Aurore !